Comment demander de l’aide, approches thérapeutiques et informations pour les proches
À lire avant tout : Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue pas un diagnostic, ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé qualifié et ne propose pas de traitement personnalisé. Si vous reconnaissez en vous-même ou un proche les difficultés décrites ici, parlez-en à votre médecin traitant, à un psychologue ou à un psychiatre.
Sommaire :
1. Demander de l’aide : par où commencer ?
2. Approches thérapeutiques qui peuvent aider
Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)
Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)
EMDR (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires)
Pleine conscience et relaxation
Entraînement aux compétences sociales
1. Demander de l’aide : par où commencer ?
L’un des paradoxes les plus douloureux de la phobie sociale est que le premier obstacle à la prise en charge est lui-même une situation sociale : décrocher le téléphone, prendre rendez-vous, parler de soi à un inconnu. Reconnaître cette difficulté est un acte d’honnêteté envers soi-même, pas un défaut.
- En parler à un proche : choisir une personne bienveillante. Si parler de vive voix est trop difficile, écrire un message ou une lettre est tout à fait recevable.
- Échanger avec des personnes qui vivent des choses similaires : par exemple en rejoignant notre communauté Loups Solidaires sur Discord.
- Consulter le médecin traitant : premier point sur votre état de santé, orientation vers un·e spécialiste. Vous pouvez préparer ce que vous voulez dire à l’écrit avant la consultation.
- Prendre rendez-vous avec un·e psychologue ou un·e psychiatre
- Utiliser les lignes d’écoute et les tchats
- Consulter à distance : plusieurs professionnels proposent des consultations par visioconférence ou messagerie sécurisée depuis chez soi.
- Le trouble est sévère et affecte durablement votre vie professionnelle ou sociale ? La phobie sociale sévère peut ouvrir des droits à une reconnaissance de situation de handicap, permettant un accès à des aides et accompagnements. Votre médecin traitant peut vous orienter.
Plus d’informations pour consulter un psychologue, les possibilités de remboursement, les numéros d’aide et liens utiles sont disponibles sur la page Guide d’urgences et ressources.
2. Approches thérapeutiques qui peuvent aider
Les troubles anxieux décrits dans ce guide font partie des affections qui répondent bien aux traitements. Plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats, sans qu’il ne soit jamais « trop tard » pour commencer.
Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)
Les TCC sont les psychothérapies dont l’efficacité a été la plus étudiée pour les troubles anxieux. Elles partent d’une idée centrale : ce ne sont pas les évènements eux-mêmes qui déclenchent nos émotions, mais l’interprétation que nous en faisons. Le travail consiste à identifier les pensées automatiques, examiner leur réalisme, et les remplacer progressivement par des interprétations plus nuancées. Ce travail cognitif s’accompagne d’un travail comportemental d’exposition graduée, mené avec le thérapeute et adapté au rythme de chacun.
Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)
Changer la relation aux pensées difficiles plutôt que les combattre frontalement, et s’engager dans des actions cohérentes avec ses valeurs.
Thérapie des schémas
Explorer les croyances profondes héritées de l’enfance qui structurent nos réactions actuelles, particulièrement utile pour le trouble de la personnalité évitante.
EMDR (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires)
Approche de plus en plus reconnue et étudiée pour certains troubles anxieux, notamment lorsqu’ils s’accompagnent d’un historique de traumatismes ou d’expériences douloureuses répétées. À discuter avec un·e professionnel·le pour évaluer si elle est adaptée à votre situation.
Pleine conscience et relaxation
Méditation et respiration pour développer une attention bienveillante au moment présent. Ces pratiques peuvent être utiles en complément d’une thérapie, elles ne se substituent pas à elle.
Groupes thérapeutiques
Pratiquer les interactions avec d’autres personnes partageant des difficultés similaires, sous supervision professionnelle. Cela permet de rompre l’isolement et de dédramatiser les situations sociales.
Un mot sur les médicaments
Dans certaines situations, un médecin ou un psychiatre peut juger utile de proposer un traitement médicamenteux en soutien de la psychothérapie. L’évaluation médicamenteuse relève du médecin ou du psychiatre, pas du psychologue. La décision de prescrire, le choix de la molécule, la durée et l’arrêt éventuel relèvent strictement de l’évaluation médicale individuelle. Il ne faut jamais commencer, modifier ou arrêter un traitement sans avis médical.
Outils numériques complémentaires
Des applications de soutien inspirées des TCC (comme MindShift CBT, ou d’autres outils de gestion de l’anxiété) peuvent être utiles en complément d’un suivi professionnel, pour s’exercer entre deux séances, pratiquer des exercices de respiration ou noter ses pensées. Ces outils ne remplacent pas un professionnel : ils peuvent cependant constituer une première porte d’entrée accessible pour les personnes qui ne sont pas encore prêtes à consulter. Vérifiez la qualité et la provenance de l’application avant de l’utiliser.
Ce qu’il faut éviter
Se lancer seul·e dans des expositions brutales ou s’automédiquer. Un accompagnement professionnel est essentiel pour progresser en sécurité et à votre rythme.
3. Pour les proches : que faire, que ne pas faire
Si vous accompagnez quelqu’un qui souffre d’anxiété sociale ou de phobie sociale, votre soutien peut faire une grande différence. Voici quelques repères.
| ✓ Ce qui aide | ✗ Ce qui n’aide pas |
|---|---|
| Écouter sans jugement, sans minimiser | Forcer brutalement à affronter ses peurs |
| Valider ce que la personne ressent et reconnaître ses efforts | Dire « tu n’as qu’à te raisonner » ou « tout le monde a ça » |
| Proposer des aides concrètes (accompagner, aider à préparer un appel) | Transformer chaque sortie en test ou en performance à réussir |
| Respecter son rythme et sa confidentialité | Faire les choses à sa place sans son accord |
| Encourager la consultation d’un professionnel, avec douceur | Comparer à d’autres ou jouer au thérapeute sans formation |
| Lui rappeler que des aides existent et que les choses peuvent évoluer | Exprimer de la frustration ou de l’incompréhension face à l’évitement |
L’accompagnement d’un proche est parfois éprouvant. N’hésitez pas à chercher du soutien pour vous-même aussi (groupes de familles, associations, professionnels). Prendre soin de vous est indispensable pour pouvoir prendre soin de l’autre.